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Au pied du mur, le sport amateur est délaissé par les plus grandes entreprises et c’est normal !

I. Constat

Les besoins des clubs amateurs sont en hausse chaque année alors que le sponsoring privé n’augmente pas (- de 10%)[1] et les subventions publiques baissent[2]. Le budget devient intenable sans l’augmentation de la recette des cotisations). « Et aujourd’hui, ce problème est encore plus important car nous avons perdu ces dernières saisons 4 000 clubs amateurs » alarme Éric Thomas, président de l’AFFA (Association Française de Football Amateur). Une réponse urgente doit être apportée car ils semblent « être au pied du mur, ne plus avoir le choix, devoir prendre une décision et agir ».

Force est de constater que le modèle économique actuel du sport amateur est à bout de souffle et qu’un nouveau doit être enclenché.[3]

Les clubs amateurs doivent tracer leur propre chemin pour perdurer. Cependant, la construction chacun de son côté est compliquée car la structure des clubs est faible : installations sommaires ainsi que moyens financiers et humains minimes comme le démontre un article précédent.

II. Quel peut être le modèle de demain pour le sport amateur ?

Afin que nos clubs amateurs puissent assurer leur pérennité et leurs missions, il apparait indispensable pour eux d’équilibrer leur budget. Cela passe, entre autres, par une augmentation des ressources privées.

Aujourd’hui, le partenaire présent dans le sport amateur est une TPE, un artisan ou une agence locale. Ces derniers, malgré leur grande générosité, ne peuvent subvenir aux besoins des associations locales[4].

Les grandes entreprises doivent donc, elles aussi, venir promouvoir leur image dans les contrées les plus recluses.

1)            Pourquoi les grandes entreprises ne donnent pas aux plus petits clubs

  • Dons aux comités départementaux, régionaux, districts, ligues et fédérations

Il n’existe, aujourd’hui, pas d’organisme public qui fasse ce lien, qui regroupe des clubs de sports amateurs, dans le but de participer au développement économique. Par conséquent, les entreprises, pour être des acteurs du sport, se tournent vers les institutions publiques : –         comités départementaux, régionaux, districts, ligues et fédérations. Malheureusement pour les clubs, cet argent récolté n’a pas de répercussion immédiate sur l’amélioration des conditions du club car il sert, le plus souvent, à couvrir les frais de fonctionnement de ces associations institutionnelles.

  • Manque de compétences dans les clubs

Au sein des clubs amateurs, comme démontré dans un article précédent, le manque de moyens humains et de compétences est un frein au développement économique. Les clubs amateurs n’ont pas les moyens financiers d’avoir des ressources en interne et un tel investissement ne leur serait pas rentable.[5]

  • Pas de calcul sur le retour sur investissement

Lorsque les entreprises investissent dans une campagne de communication, elles attendent un retour sur investissement (ROI). Le constat est que les clubs amateurs ne peuvent en offrir par manque de compétences mais également car l’investissement engrangé n’est pas rentable Néanmoins, regroupés, les clubs amateurs représentent une grande communauté, un grand vivier et un ROI positif.

2)           Ce que l’on peut imaginer

  • Augmentation des compétences par les clubs grâce à des ressources externes

Un club amateur n’a pas besoin d’avoir quotidiennement une personne dédiée à la création d’une plaquette ou d’un catalogue commercial. Elle n’a pas besoin, non plus, d’un commercial pour démarcher les entreprises autour de son club. Toutefois, pour ces associations sportives, c’est une nécessité de le faire afin de trouver des subventions ou faire parler d’elles. Pourquoi ne pas penser qu’une personne compétente et avec des objectifs puisse provenir d’une entreprise extérieure ?

  • Augmentation de la visibilité grâce à une mutualisation de l’image

Le ROI est important pour les entreprises. Les 4 sports collectifs majeurs en France que sont le Football, le Basket-ball, le Handball et le Rugby représentent environ 4 millions de licenciés soit plus de 6,00% de la population (davantage que l’écoute de TF1 entre 18h et 21h). Cela représente un potentiel de visibilité important pour une entreprise et souvent méconnu.

  • Mutualisation de la recherche de partenaire

Un groupement de clubs peut se constituer pour financer un emploi dédié à la recherche des partenaires. Cela permettrait de créer une compétence mutualisée.

Plus efficace et compétente dans son domaine pour démarcher les entreprises (grosses PME et au-delà), un club peut travailler avec une société qui propose à ces dernières un partenariat sur-mesure. Ainsi, l’entreprise prospect choisit son support de communication sur-mesure et adapté (âge, localisation, sports, clubs…) tout en ayant un seul interlocuteur spécialisé. 

III. Conclusion

Les plus grandes entreprises ne se tournent pas vers le sport amateur car elles ne connaissent pas de porte d’entrée pour se diriger vers ce secteur. Souvent effrayées par le nombre important de petits clubs amateurs, entrer en contact avec chacun d’eux serait très chronophage pour ces entités.

Et pourtant, le sport amateur est un relais fantastique pour s’inviter dans des milliers de foyers et développer une affinité avec ses clients.

C’est pourquoi des portes d’entrée se sont créées comme le propose All Sponsored.

 

[1]http://www.nauleausport.fr/le-modele-economique-des-clubs-sportifs-est-obsolete/

 

[2]https://www.lesechos.fr/25/04/2017/LesEchos/22432-029-ECH_secteur-associatif—des-pistes-pour-faire-face-a-la-baisse-des-subventions.htm

 

[3]Pour avancer le sport amateur doit se réinventer » Pierre RONDEAU, économiste du sport

 

[4]https://www.latribune.fr/economie/france/les-entreprises-francaises-en-tete-du-mecenat-dans-le-monde-568564.html

[5]https://www.linkedin.com/pulse/pourquoi-le-sponsoring-ne-repr%C3%A9sente-que-10-du-budget-lucereau/?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_profile_view_base_post_details%3Be%2BgGdtsgQ7Cr9J1uy408Bw%3D%3D